Passer au contenu principal

Le Saint-Denisien

J’haïs l’Ai, mais on dit IA, parole de Roland HIHA Tremblay

Par Monsieur Mots

, 23 septembre 2026

(Comptez les gigantesques ventilateurs hauts de 3 étages  : 160)

Je voulais vous parler de mon raton laveur ou du coyote qui côtoie mon espace privé, des couleurs arc-en-ciel de nos belles truites ensemencées, de l’utilité d’une carpe de 20 pouces prise en juin lors d’un tournoi de pêche avec mon meilleur ami ou de la ténacité et de la résistance d’une barbotte de 2 livres (la résilience n’est pas toujours coquette). 

Mon inspiration fut foudroyée par une jolie dame chapeautée qui annonçait tout sourire la création d’un centre de données dans la patrie des cowboys et des F150. Un superbe pied de nez aux gens de l’Est : un contrat de 13 milliards, tiens-toé.
On construira à Sturgeon Country ce mégasite accompagné d’une centrale électrique alimentée au gaz naturel de un gigawatt (à titre comparatif, Edmonton consomme 1,4 gigawatt). Sur un terrain d’une superficie de 1 750 hectares, de terre dite « inutile ».

Si l’on ajoute le complexe que Bell édifie en Saskatchewan de 300 mégawatts et celui de Telus à Vancouver de 100 mégawatts, on rejoint l’utilisation de la capitale de l’Alberta, qui abrite 1 223 230 habitants. De quoi étouffer tous les esturgeons de la planète. On compte plus de 143 projets au Canada…

Plus près de chez nous, Rimouski tente d’attirer un centre de données qui exigera plus d’électricité que la ville actuelle. On réchauffera un peu plus l’eau de leur rivière, qui est aux prises avec les rejets toxiques de leur ancien dépotoir (cyanure, hydrocarbones etc.). On n’avait pas encore trouvé les 40 millions nécessaires pour la dépolluer, mais on dénichera bien les milliards pour ce mégasite. Soit dit en passant, cette rivière abrite encore quelques rares saumons.

Plus de 40 sont en construction chez nos amis du Sud. Certains alimentés au charbon, plusieurs au gaz naturel, exceptionnellement par l’énergie solaire et prochainement par le nucléaire.

Paris à 41,5 degrés Celsius. Plus de 10 000 décès supplémentaires en Europe. Des incendies de plus en plus nombreux, plus de 40 morts piégés dans leur voiture en Andalousie. Ma demeure est entourée d’arbres… on compte plus de 450 feux de forêt au Canada : Toronto encore sous un couvert de smog. Typhons plus fréquents, plus précoces dans la saison et plus puissants :2,8 millions de personnes déplacées en Chine en juillet par l’arrivée de Bavi.

C’est curieux de constater que l’élection d’un seul individu nous fait oublier toute notion de changement climatique et de la fragilité de notre planète qui étouffe désormais sous les tonnes de carbone produites. On parle de nouveau oléoduc en grande pompe pour sauver l’unité du pays. Comme si l’on aimait se faire Trumper. Mais ne nous conduisons pas en autruche, nos politiciens passeront comme tout mortel, mais les bouleversements climatiques non.

M. Parizeau nous le mentionnait si bien : ne doutons pas de notre capacité à mâcher de la gomme et de marcher en même temps. Résister économiquement et persister à réduire nos émissions de carbone.

ChatGPT, Gemini, OpenAI sont si faciles à employer. Gratuits au début, on nous offre par le temps qui court des versions premiums monnayant un certain montant. Il faut bien encaisser les profits. Attirer la proie pour ensuite bien la ferrer. Principe de pêche.

Google dirige maintenant toute recherche sur son site sur l’intelligence artificielle. Sans le savoir ou le vouloir, nous l’utilisons, entrainés dans le tourbillon d’un progrès qui détruit peu à peu la planète.

Chaque question posée à l’IA nécessite un minimum de 500 ml d’eau pour refroidir les microprocesseurs. Lorsque la nappe phréatique ne suffira plus, SpaceX sera alors capable de créer ces centres dans l’espace en recourant au froid cybernétique pour réfrigérer le tout et l’énergie solaire ou nucléaire pour les faire fonctionner. Pourvu que nous soyons toujours présents.

Comme dans toute nouvelle relation, il faut juger l’individu. Cette relation est-elle saine ou toxique ? En vaut-elle la chandelle, car la nôtre devient de plus en plus courte, non ? Peut-être la fréquenter avec parcimonie ? Comment ?

HiHA Tremblay l’avait bien annoncé, le temps d’une dinde est arrivé et j’en suis malheureusement du nombre.