Il y a l’Haïti de ceux qui, depuis la période coloniale, ont compris que le monde se divise en exploiteurs qui s’enrichissent un peu plus chaque jour et les exploités qui en sont révoltés: la paysannerie.
Depuis la révolution de 1804, ceux qui ont pris la relève des colons français ont tenté de convaincre les anciens esclaves de bien vouloir poursuivre sur cette voie. La paysannerie, c’est la masse de ceux qui s’y refusent. En fait, la paysannerie est une société post-capitaliste. Elle refuse de vivre dans une société basée sur l’accumulation du capital par certains, au détriment des autres. C’est l’héritage de deux siècles d’esclavage qui nourrit cette intransigeance.
Cette situation explique que les politiciens qui gèrent l’État s’enrichissent pendant que la paysannerie est dans la misère. Lorsque l’ONU, avec l’appui du Canada d’ailleurs, souhaite des élections pour ramener l’ordre en Haïti, elle se met un doigt dans l’oeil. Après 221 ans à organiser des élections avec de l’argent venu du Nord et où 10 % de la population participe, il est temps de comprendre enfin, que la solution doit venir d’en bas (la paysannerie) et non d’en haut.
Les associations paysannes avec lesquelles nous travaillons sont des gouvernements de proximité au sein desquelles la paysanne, le paysan s’initie à la gestion de projets conçus par eux et pour eux. Malgré cela, il faudra sans doute des décennies pour construire leur confiance en des institutions que pourtant ils contrôlent.
Nous parlons ici d’un jeune pays avec un lourd passé. La patience est de mise. Nos projets qui viennent du terroir et qui sont modestes, compte tenu des besoins, participent à la création de cette société post-capitaliste. Nous nourrissons ainsi leur rêve d’une société où « Liberté, Égalité, Fraternité » ne seraient pas que de beaux mots, mais la description d’une société, où la richesse serait collective et le pouvoir horizontal.
Côté sécurité
Pour contrer les bandes criminelles, l’ONU a annoncé l’envoi de 5 500 soldats qui s’ajouteront au mille Kényans déjà sur place. On ne peut que s’en réjouir. Cependant, cette force viendra des États-Unis et du Panama et quand on connait l’historique des interventions américaines en Haïti, on est en droit de se demander quels sont leurs véritables objectifs.
Notre levée de Fonds est en marche.
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