Le Saint-Denisien

Agir ensemble pour un environnement sonore plus harmonieux

Par Hugo Marcotte

, Collectif Environnement SDDB

, 29 juin 2026

Au cours des dernières semaines, un sondage a permis de mieux comprendre comment les citoyens perçoivent les bruits qui façonnent notre quotidien. Les réponses sont nombreuses, variées, parfois teintées d’humour, mais elles dessinent un portrait très clair : les bruits de moteurs dominent largement les nuisances, tandis que les sons de la nature sont ceux que les gens apprécient le plus.

Parmi les bruits jugés les plus désagréables, on retrouve en tête les motos, les voitures qui accélèrent, les tondeuses, les souffleurs à feuilles et les outils motorisés. Les aboiements de chiens reviennent aussi très souvent, tout comme la musique forte en soirée. À l’inverse, les citoyens disent se ressourcer grâce au chant des oiseaux, au vent dans les arbres, au bruit de l’eau ou encore aux sons du marécage au crépuscule. Bref, la nature reste notre bande sonore préférée.

Mais au-delà du constat, une question demeure : que peut-on faire, concrètement, pour améliorer notre environnement sonore?

La bonne nouvelle, c’est que plusieurs solutions simples émergent directement des réponses du sondage. Elles reposent sur trois principes : le respect, l’aménagement intelligent et les petits gestes individuels.

D’abord, beaucoup de nuisances peuvent être atténuées par une meilleure attention à nos propres habitudes. Éviter d’utiliser des outils bruyants tôt le matin ou tard le soir, éviter les accélérations inutiles, réduire le volume de la musique extérieure ou prévenir ses voisins lorsqu’on organise un rassemblement. Ce sont des gestes faciles qui ont un impact immédiat. Plusieurs répondants rappellent que « vivre et laisser vivre » fonctionne mieux quand chacun fait un petit effort!

Ensuite, nous pouvons agir sur notre environnement immédiat. Planter des arbres, des arbustes ou des haies peut atténuer les bruits de la route tout en embellissant nos terrains. Ces aménagements créent aussi des habitats pour les oiseaux, dont le chant est le son le plus apprécié selon le sondage. En favorisant la biodiversité, on favorise aussi la tranquillité. Plusieurs citoyens mentionnent qu’en tondant moins souvent, non seulement ils diminuent les nuisances, mais ils laissent place aux fleurs, aux pollinisateurs et aux sons naturels. D’autres choisissent d’utiliser des outils électriques plutôt que des moteurs à essence, ou encore de privilégier le balai au souffleur. Ce sont de petits gestes, mais multipliés par des dizaines de foyers, ils transforment réellement l’ambiance d’un quartier.

Enfin, un thème revient souvent : passer plus de temps dehors. Que ce soit pour prendre un café sur la galerie le matin, marcher en forêt, s’asseoir près d’un ruisseau ou simplement ouvrir les fenêtres lorsque la météo le permet, plusieurs citoyens disent qu’ils profitent mieux des sons naturels lorsqu’ils s’offrent des moments de pause. La nature est déjà là, il suffit parfois de lui laisser un peu plus de place.

Ce sondage nous rappelle que le bruit n’est pas seulement une question de décibels, mais aussi de cohabitation. Les véhicules lourds (camion recyclage/compost/déchets) sont perçus de façon neutre alors que les motos hors route et les véhicules avec silencieux modifiés dérangent. Le tonnerre, les feux d’artifice de la Saint-Jean et le hurlement d’un coyote sont appréciés alors qu’ils font partie des bruits les plus forts ! Les bruits dérangent plus lorsqu’ils sont évitables ou volontairement exagérés. En adoptant quelques gestes simples, chacun peut contribuer à rendre notre milieu plus harmonieux. Et si nous voulons entendre davantage les oiseaux, le vent ou la pluie, il suffit souvent de commencer
par faire un peu moins de bruit nous-mêmes ! Cet extrait du roman Les guerriers de l’hiver d’Olivier Norek l’illustre très bien : 

« Il entendait la respiration des arbres dans le vent, le pouls de leur sève, le bruissement du pas des animaux sur les feuilles sèches, le frottement de leur cuir contre l’écorce et leur cœur palpitant. Pour celui qui la connaît, il n’est pas de silence plus bruyant que celui de la forêt. »

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