Le Saint-Denisien

Légende urbaine

Par Tristan Malavoy

, Ambassadeur culturel de SDDB

, 1 octobre 2025

À la veille de l’édition 2025 du Festival Mi-Rural — contes et parole, qui aura lieu le 22 novembre, notre ambassadeur culturel nous rappelle à quel point la culture a le pouvoir de briser la solitude et d’ouvrir chacune et chacun au vaste monde.

Notre époque aime placer les choses en opposition. La droite et la gauche, le bonheur et le malheur, le bien et le mal. Ça nous rassure, au fond, de ranger les sujets d’un côté ou de l’autre. Ça nous donne une impression de contrôle, de clarté.

L’une des oppositions auxquelles on est attachés est la bonne vieille dichotomie ville/campagne. D’un côté l’agitation, le bruit, la vie culturelle intense ; de l’autre le calme, le bruit des criquets, l’ennui. Comme pour le bien et le mal, la réalité est un peu plus compliquée. Quiconque a vécu et à la ville et à la campagne sait qu’on peut connaître l’isolement dans un immeuble de quinze étages situé au centre d’une métropole, tout comme on peut avoir une vie sociale et artistique des plus riches dans le plus reculé des villages.

Ce beau paradoxe apparaît plus vrai que jamais, d’ailleurs. Grâce aux moyens de communication actuels, bien sûr, dont la récente pandémie a révélé la toute-puissance et la capacité à jeter des ponts entre les solitudes, mais plus encore grâce à quelque chose qui a précédé de quelques millénaires la technologie moderne : la culture. Ces « moyens » de communication, comme l’indique l’étymologie du mot (du latin medianus, soit « médian, du milieu »), ne sont que des tuyaux, des tubes permettant de faire circuler les données et de rendre présentes pour celles et ceux qui y sont connectés des choses qui sinon resteraient inaccessibles. Ce qui rend véritablement possible un partage de l’expérience humaine et de la beauté qu’on peut en tirer malgré tout ce que le monde comporte de laid, c’est la culture. C’est elle qui, ultimement, abolit les distances par la puissance d’évocation de la musique, des arts visuels, de la danse, de la littérature ou autre forme d’art.

En 2025, donc, il n’y a aucune raison d’être privé, en campagne, de certaines choses traditionnellement associées à la ville. Cette année encore, le Festival d’un jour Mi-Rural, qui entend « habiter les espaces diffus entre l’urbain et le rural », creusera cette question et, pour quelques heures, fera de Saint-Denis le centre du monde grâce à la poésie de Marianne V, au slam de Nathalie Bossé et aux contes de Julie Miller et Isabelle Gosselin. Sans oublier le segment « micro ouvert » et l’exposition des oeuvres visuelles soumises au concours créatif organisé par le Comité culturel de Saint-Denis-de-Brompton.

Mi-Rural aura lieu au sous-sol de l’église le 22 novembre, à compter de 16 h. Une occasion extraordinaire de jeter des ponts entre Saint-Denis et le vaste monde. Soyez-y!