Non, le radon n’est pas un légume asiatique nouvellement débarqué sur les tablettes de votre épicerie. Il s’agit d’un gaz radioactif naturel issu de la dégradation de l’uranium présent dans le sol. Invisible, inodore, il s’infiltre dans nos maisons… et lorsqu’on l’inhale en trop grande quantité, il peut sérieusement endommager nos poumons et contribuer au développement d’un cancer.
Selon l’Association pulmonaire du Québec, le radon tue près de 1 000 personnes par an dans la province. Et plus de 26 % des résidences testées dans les secteurs dont le code postal commence par « J0B » dépassent la directive nationale. C’est une maison sur quatre. Ça vaut la peine qu’on s’y attarde un peu, non? Et si vous fumez, lisez bien ceci : le radon et la cigarette forment un duo explosif. Le risque de développer un cancer du poumon grimpe alors en flèche. Une raison de plus pour poursuivre votre lecture…
Comment le radon s’infiltre dans une maison, Association pulmonaire du Québec
Ce qui complique un peu les choses, c’est que le radon est impossible à détecter sans instrument. Il n’a ni odeur ni couleur, et sa présence dépend d’une foule de facteurs — ventilation, étanchéité, type de sol, etc. Votre voisin peut être épargné, mais pas vous. Un peu comme pour l’eau potable d’un puits : seuls vos propres résultats comptent. Puisque le radon a tendance à s’accumuler dans les pièces situées au sous-sol, mieux vaut faire un test si quelqu’un y dort ou y passe plusieurs heures par jour.
Heureusement, une simple recherche sur Internet vous donnera rapidement de l’information sur le radon. Comme la concentration du radon dans l’air de votre maison peut varier selon les jours, on vous proposera un test d’une durée minimale de trois mois. Pour environ 55 $, vous pouvez vous procurer le détecteur de radon et une analyse en laboratoire. Santé Canada propose même un programme gratuit sur un an, avec changement de détecteur chaque trimestre : un peu plus exigeant, mais des résultats encore plus complets.
Et tant qu’à y être… on teste aussi l’eau?
À Saint‑Denis, la majorité des propriétaires dépendent de puits artésiens pour leur eau potable. Or, les sols estriens peuvent contenir des concentrations élevées de manganèse ou d’arsenic — deux substances qu’on ne souhaite pas voir trop souvent dans son verre d’eau. Vous êtes peut-être déjà au courant. Mais faites-vous tester votre eau potable pour autant? L’organisme de bassin versant couvrant notre territoire, le COGESAF, recommande de faire analyser son eau au moins une fois dans la durée de vie du puits pour les paramètres physico-chimiques (ceux-ci varient peu dans le temps) et deux fois par année pour les paramètres bactériologiques (qui peuvent être influencés par les changements dans l’environnement). Si les tests vous apprenaient la présence de substances non souhaitées, vous pourrez prendre les actions correctrices nécessaires et épargner votre santé.
Quelques éléments à tester pour l’eau potable, Cogesaf
Encore une fois, ce n’est pas compliqué de trouver un laboratoire qui vous fournira une trousse clé-en-main pour réaliser facilement vos tests d’eau potable à la maison. Un budget d’une centaine de dollars par année vous sera nécessaire pour les tests microbiologiques, mais il faut le voir comme un investissement pour votre bien-être!
Radon, eau potable… Ce sont des enjeux invisibles, mais bien réels. Et il ne faut pas attendre les symptômes ou les ennuis pour s’en soucier. Tester sa maison et son puits, ce n’est ni long ni compliqué, et la bonne nouvelle, c’est que des solutions existent pour garder toute la famille à l’abri des problèmes.
Références :
Santé Canada – radon
https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/securite-et-risque-pour-sante/radiation/radon/au-sujet.htm
Association pulmonaire du Québec – radon
https://poumonquebec.ca/sante-pulmonaire/environnement/radon/
Article de Radio-Canada sur les métaux présents dans l’eau (5 août 2025)
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2183128/arsenic-manganese-metaux-lourds-eau-puits-contaminants
COGESAF – mon propre puits en Estrie
https://cogesaf.qc.ca/projets/propre-puits-estrie/