Le Saint-Denisien

Lettre à Monsieur Mark Carney, Premier ministre du Canada

Par Jean Charron

, 1 juin 2025

D’abord félicitations ! Vous avez mérité la confiance des électeurs et électrices du pays.

Comme citoyen, j’aimerais attirer votre attention sur deux dossiers.

Retraité de l’enseignement, je me consacre, depuis 24 ans, avec l’appui de centaines de compatriotes, à la réalisation de projets ayant pour objectif d’enrichir la paysannerie sur le Plateau central d’Haïti. (avec Solidarité-Haïti en Estrie). L’an dernier, le Canada a refusé de prendre le leadership d’une intervention onusienne en Haïti, pour y contrer les gangs criminels qui veulent contrôler ce pays déjà mis-à-mal. Chaque jour, le chaos y gagne du terrain. Bien sûr nous contribuons au fonds de l’ONU pour Haïti, mais tous constatent que les Kenyans sont incapables de faire le travail.

Pendant ce temps, nous ne comptons plus les millions investis pour soutenir l’Ukraine dans le conflit qui l’oppose à la Russie. Les Canadiens.iennes sont sans doute d’accord avec un tel appui, mais ce que cette guerre nous apprend, c’est que les armements les plus sophistiqués et les plus dispendieux peuvent être détruits par de petits drones et que, dans une guerre, l’arme la plus essentielle est l’information.

Voici donc les deux dossiers qui m’importent :

D’abord, la diaspora haïtienne est tout aussi importante que la diaspora ukrainienne. Des centaines de milliers d’Haïtiens.iennes sont à nos portes. Nous pouvons faire semblant que les États-Unis sont un pays sûr, mais les y refouler, c’est ériger un mur à la frontière d’où ils risquent la déportation vers Haïti. Avec leur aide, je propose de nous investir pour faire d’Haïti un pays sûr.

Ensuite, dépenser des milliards aux États-Unis, pour y acquérir les armes dont nous n’avons nul besoin, est une erreur qu’il nous faut éviter. On me dira qu’il faut pouvoir se protéger, « Si vis pacem, para bellum », mais depuis la naissance de la race humaine, on prépare la guerre et… on a la guerre. Nous devrions plutôt construire au Canada des outils (drones, minis sous-marins et satellites d’informations) qui feront de nous des alliés efficaces, mais surtout, nous devrions suivre la voie pavée par Lester B. Pearson et ses Casques bleus et nous trouver une mission qui nous ressemble.

Le Canada est un pays d’eau douce, pourquoi ne pas devenir les champions de l’eau potable dans le monde ? Le Canada est un pays de forêts, pourquoi ne pas planter des arbres partout sur la planète ? En tissant des liens d’amitié dans tous les pays, nous construirions le meilleur bouclier pour protéger le pays.

Devant des vents contraires, on peut ériger des murs… ou des éoliennes. Merci d’y réfléchir.