Lors de notre dernier échange, je t’ai présenté deux types d’écrivaines et écrivains que j’ai pu observer dans ma pratique : les nomades et les sédentaires. Les premières, comme des exploratrices et des explorateurs, aiment s’aventurer dans des endroits inusités pour nourrir leur imagination et leur inspiration.
Dans les ateliers d’écriture en groupe, j’ai remarqué que certaines personnes sont comme des poissons dans l’eau. Elles jouent avec les règles qu’on leur donne et, même si partager leurs compositions n’est pas toujours facile, elles sont souvent les premières à le faire et en tirent une grande fierté. Je décèle dans leurs yeux, une vive passion.
D’un autre côté, il y a celles qui puisent leur force dans la solitude souvent que j’accompagne en privé. Ensemble, nous formons un petit duo, nous partageons et avançons ensemble. Aujourd’hui, j’ai envie de te parler plus de ces sédentaires qui aiment le confort et le cocon de leur maison, ou du moins un environnement sécurisant et bienveillant pour écrire et partager. Ces personnes s’engagent dans les groupes et les ateliers avec plusieurs personnes si elles se sentent en confiance. Un défi que j’ai en permanence dans mes ateliers. Je crois, lorsqu’il arrive, à tisser des liens étroits et significatifs.
Évidemment, c’est un rythme différent pour écrire lorsque la solitude nous accompagne. C’est une approche différente pour aller chercher ces personnes et leur permettre de retirer le maximum de mes apprentissages. Ce sujet m’interpelle particulièrement, car je me reconnais aussi dans cette solitude. Je suis une grande solitaire, surtout quand vient le temps d’entrer dans mon sanctuaire pour écrire. Peu d’admis, sauf peut-être Po, mon chat.
Malgré nos ambivalences propres à chacune et chacun, il faut admettre une chose claire : l’écriture est souvent un acte de solitude et par implique souvent le silence. Je parle d’un silence de concentration, d’exploration de nos pensées et de réflexion. Non un silence qui indique qu’il n’y a aucune musique d’ambiance.
Cela peut devenir un réel défi dans l’écriture de vivre cette solitude et de continuer à être inspirée dans le silence, par le silence, sans le laisser nous envahir. Alors, comment se laisser accompagner par le silence dans notre solitude créative? Voici mes quelques astuces bienfaiteurs :
Entoure-toi de gris-gris et d’artéfacts réconfortants: Je reconnais en les objets une puissance et une force qui m’échappe. Pourquoi suis-je attirée vers une couleur spécifique? Aucune idée, mais l’énergie qu’elle me donne est bien réelle. Si tu as des jouets, des toutous, des objets, des bijoux, etc qui te réconfortent, porte-les fièrement lorsque tu écris. Utilise leur énergie mystérieuse pour t’accompagner.
Crée-toi une routine: La routine n’a pas besoin d’être toujours plate! Le chemin pour aller écrire peut devenir très cérémonial et méditatif. Par exemple, préparer un thé, mettre de l’encens, une bougie, choisir la musique d’ambiance. La solitude n’a pas besoin d’être soporifique et ennuyeuse. Fait ressortir ta personnalité et crée un environnement propice pour t’accueillir.
Laisse monter en toi, ce qui doit monter: La solitude permet d’écouter une seule voix: la tienne. Laisse-lui l’espace et laisse tes ressentis émerger. Tu as le droit à toutes tes émotions.
Reprends contact avec la réalité: lorsque la solitude devient envahissante, voire oppressante ( et j’espère sincèrement que tu ne te rendras pas jusqu’à là) reprends contact avec les gens et les personnes qui te font du bien. L’écriture est un acte de solitude, mais aussi d’une très grande vulnérabilité. La réalité est un ancrage important et l’écriture qui passe par des mondes imaginaires à tendance à nous propulser très loin!
Par Karine Vienneau