À l’occasion du 10e anniversaire de la chorale saint-denisienne, Le Coeur de St-Denis, Rébecca Lazure, bénévole au sein du comité d’administration de notre journal Le Saint-Denisien, ainsi qu’agente culturelle au service de l’organisme à but non lucratif Le Comité culturel de Saint-Denis-de-Brompton, s’est récemment entretenue avec Isabelle L’Heureux, cheffe de choeur de la chorale Le Coeur de St-Denis, ainsi que Nicole L’Heureux, membre du regroupement citoyen ayant fondé la chorale sous l’initiative de Monique Chaput, il y a 10 ans cette année. Pour voir et entendre l’entrevue, visitez le site web du Comité culturel : www.culturesddb.ca
Rébecca Lazure : Bonjour Mesdames! On pourrait commencer par les présentations. Et dites-nous aussi depuis combien de temps que vous vous impliquez auprès de la chorale.
Isabelle L’Heureux : Mon nom, c’est Isabelle L’Heureux. J’essaie d’être « cheffe » et « de coeur » (rires).
Nicole L’Heureux : Moi, c’est Nicole B. L’Heureux. Je suis dans la chorale depuis toujours. Depuis la fondation! (rires)
Isabelle : Moi aussi, je suis dans la chorale depuis toujours. Presque, à deux semaines près.
Rébecca : Puis, est-ce que vous avez un lien ensemble?
Isabelle : (rires) Léger! C’est ma mère!
Nicole : (rires) C’est ma fille.
Rébecca : « Depuis toujours », ça veut dire combien de temps, en chiffre?
Isabelle : [à sa mère] Commence-toi, ça fait plus longtemps que moi.
Nicole : Bien, moi, ça fait 10 ans. Parce que le maire d’avant, monsieur Beauchemin, il avait déjà parlé à Monique [Chaput] d’avoir une chorale à Saint-Denis. Ça fait que, Monique, elle est venue me voir. Puis là, on a regardé ce qu’on pourrait faire. Alors, on a lancé une réunion. On était quatre : moi, Monique, Jean-Claude et un [autre] monsieur. Ensuite, on a fait des affiches qu’on a mises un peu partout dans le village. Puis, petit à petit, on a eu des réponses. Au début, je pense qu’on était cinq quand Isabelle est venue nous voir chez Monique. Parce qu’on faisait nos répétitions chez Monique, dans son petit atelier. Puis, [Isabelle] est venue pour nous donner des techniques de voix.
Isabelle : Oui, oui! Bien, tu m’as abordée en disant, « tu viendrais-tu faire la cheffe de choeur? » J’ai dit, « bien non! Je n’ai jamais fait ça! Je vais aller avec vous autres, puis je vais vous faire des techniques de chant si vous avez besoin, de façon SPORADIQUE! » [rires]
Nicole : Puis, tu connais Monique, « Oh! Isabelle! On a besoin
d’un chef! »
Isabelle : Ah oui, tu es pas mal mieux ! (rires) Dix ans plus tard, je suis cheffe de choeur, avec beaucoup de plaisir!
Nicole : Ça fait qu’on a réussi à la convaincre. Et, petit à petit, on était rendu à huit. Puis, on a fait un peu les fêtes de la Saint-Jean-Baptiste (24 juin). On a commencé comme ça. Puis, là, les gens qui nous écoutaient, puis ils ont dit, «on peut se joindre à vous ?» Après ça, on est montés à 13, puis après ça, à 18. Là, on est rendus à 30, avec des musiciennes formidables.
Isabelle : On a rajouté des instruments de musique et toutes sortes de choses.

Rébecca : Donc, cette année, on fête le 10e anniversaire de la chorale. Comment vous voyez-vous le futur du Coeur de St-Denis?
Nicole : [à sa fille] Ça, c’est à toi, ça.
Isabelle : Le futur ? Bien, je pense que, le secret, ça a été justement de ne jamais se projeter, puis d’être ouvert à l’évolution qui se créait par les participants d’une année à l’autre. La chorale est vraiment en évolution. Chaque année, c’est comme si c’était une nouvelle chorale parce qu’il y a tout le temps des nouveaux membres. Puis, on s’en va avec une direction différente, avec des choix de chansons différents, des instruments différents.
Donc, l’avenir, ça existe parce que les gens veulent encore, puis ils ont encore le goût. Je me demande tout le temps qu’est ce qui amène les gens à sortir de chez eux le lundi soir, même quand il fait -1000 °C avec du vent de même [elle mime le vent de la main]. Puis, je me dis, il y a quelque chose qui amène ça dans le plaisir de créer. Parce que c’est de l’ouvrage, c’est du temps, c’est de l’investissement. Puis, quand on fait un spectacle, on est stressé. On se demande tout le temps pourquoi on fait ça. À la dernière minute, on se trouve un peu fou! Puis, finalement, on en tire plein de bonheur.
Il y a une cohésion. C’est vraiment un « coeur » dans le sens où il y a un esprit familial. Il y a tout le temps quelque chose d’unique qui se crée à chaque année dans la relation avec tout le monde, avec la musique, les choix de chansons. Chaque spectacle est unique. C’est comme un moment vécu parce que ce sont des chansons qu’on fait. On reprend quelques chansons d’une année à l’autre, mais, souvent, c’est tout du nouveau. Ça fait qu’à chaque fois, c’est un nouveau moment. Donc, ce qui fait que, l’année d’après, ça nous tente encore. Tous ceux que ça leur tente encore sont là. Puis, on repart avec le « ça nous tente encore ».
C’est pour ça que, le titre de cette année, c’est « Et si on chantait
encore? » C’est un peu le concept de ce momentum-là, qui est renouvelé chaque année. Puis, à un moment donné, peut-être que ça ne se renouvellera plus, puis on sera rendus ailleurs. Mais pour l’instant, ce renouvellement-là, il est beau. Puis, il prend de l’ampleur : on est rendu 30, puis ça vibre. Ça fait qu’on est content. C’est le fun. Tout simplement.
Rébecca : Merci, Mesdames ! Aimeriez-vous ajouter quelque chose?
Nicole : Il y a une chose que je voudrais dire, c’est que le choix des chansons fonctionne par consultation des membres. On part sur des consultations, puis on vote. C’est ça qui fait le répertoire. Ce n’est pas le choix du chef ou de moi ou de qui que ce soit.
Isabelle : Il paraît que j’ai un droit de veto. Un jour, je l’utiliserai! (rires)
Nicole : (rires) Elle ne l’a pas utilisé encore, parce que, tu sais, on travaille ensemble. On est une équipe vraiment formidable.
Isabelle : Oui, par comité. C’est ça. Chaque « coeur » est unique, mais le nôtre aussi.
Nicole : Un vrai « coeur », oui.