Le conseil municipal de Saint-Denis-de-Brompton a profité de sa première séance de décembre pour décréter officiellement l’abandon du projet d’acquisition d’un terrain de 80 acres sur le chemin Bouffard à des fins récréatives.
Cela faisait suite au registre tenu quelques jours plus tôt, le 25 novembre, où 643 citoyens se sont déplacés pour demander que le projet de 905 000 $ fasse l’objet d’un référendum.
« Ce projet, qui à l’origine nous avait été présenté comme étant une opportunité, comporte un délai imposé qui n’aura pas permis de donner l’information nécessaire pour en faire un projet rassembleur pour les citoyens », a expliqué le maire Daniel Veilleux en ouverture de séance.
« Dans ce contexte, a-t-il ajouté, nous n’aurions pas pu respecter la date butoir pour réaliser la transaction qui à l’origine était pour décembre 2025, mais que le propriétaire a accepté de reporter au plus tard pour mars 2026. Pour ces deux raisons, nous ne voyons pas la pertinence de poursuivre les démarches. »
Une bonne trentaine de citoyens assistaient à cette séance régulière, une assistance rarement vue depuis les cinq dernières années, a salué la conseillère Anne-Louise Rouleau.
Un de ces citoyens a exprimé sa déception que le projet soit abandonné. « C’était très fédérateur et j’aurais trouvé ça intéressant de pouvoir aller marcher ailleurs qu’à Sainte-Catherine-de-Hatley », a-t-il dit.
Pointant le manque d’information sur le projet comme cause de la mobilisation visant à soumettre l’emprunt de 905 000 $ à un référendum, ce citoyen a néanmoins estimé que la Municipalité avait mis en place plusieurs outils pour communiquer.
« Maintenant qu’est-ce qu’on peut faire de plus pour informer les citoyens? » a-t-il déploré.
Le conseiller Mathieu Emond, qui avait enregistré sa dissidence contre le règlement d’emprunt, a aussi exprimé tout haut ce que plusieurs citoyens pensent sans doute tout bas.
« Mon but n’était pas qu’on retire le règlement d’emprunt, mais bien que le projet soit présenté à la population, a précisé M. Emond. Compte tenu du coût d’un référendum -que j’ai appris plus tard-, je comprends toutefois qu’on ne puisse pas aller dans cette direction. Il faudrait qu’on travaille et qu’on communique mieux à l’avenir. »
Vérification faite auprès de l’administration municipale, le coût d’un référendum où toute la population habile à voter serait appelée aux urnes avoisine les 35 000 $.
Rappelons que ce projet d’acquisition de terrain était sur la table à dessin des élus depuis deux ans. Le but premier était de préserver l’accès à une partie des tracés de ski de fond entretenus par le club Les Fondeurs et d’ouvrir éventuellement d’autres sentiers pour la randonnée et la raquette accessibles à l’ensemble de la population.
Dans ce secteur du chemin Bouffard qui est presque voisin des nouvelles limites du parc national du Mont-Orford, la Municipalité loue également deux terrains totalisant 200 acres au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs en vertu d’une entente à 1000 $ pour 10 ans.
On ne sait pas à ce moment-ci ce qu’il adviendra des sentiers situés sur le lot 6 654 536 que la Municipalité souhaitait acquérir.
« Si le propriétaire décide de vendre (à un privé), ça pourrait mettre un terme aux activités de ski de fond », a dit le maire Veilleux.
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L’autre sujet qui a retenu l’attention à la séance du 1er décembre est la création d’une réserve de 650 000 $ dédié à l’entretien du réseau routier de la municipalité.
« C’est sûr qu’on ne peut pas faire des routes neuves avec ça, a prévenu le conseiller Guy Corriveau, mais on peut faire du resurfaçage et des interventions durables qui ne coûtent pas une fortune. »
C’est par exemple les travaux de pavage qui ont été réalisés cet automne sur le chemin Bouffard, entre Duclos et de la Rocaille, a-t-il précisé.
Une citoyenne s’est inquiétée de la taxe spéciale qui financera ce fonds de réserve.
Ce à quoi le maire a répondu que pour cette première année, on y affectera 200 000 $ du surplus libre et 140 000 $ qui reste d’une autre enveloppe de travaux routiers pour n’imposer que 310 000 $ en taxe spéciale.
« On crée un fonds de réserve où on peut aller puiser jusqu’à 650 000 $, mais ça ne veut pas dire qu’on va prendre toute la réserve chaque année, a renchéri le directeur général Pascal Blais. Plusieurs autres villes, notamment Orford, fonctionnent comme ça. »
Un citoyen qui a été conseiller municipal à Saint-Denis à une autre époque a salué l’orientation prise par les élus avec cette réserve.
« C’est un bel outil pour amasser des fonds parce qu’il faut bien entretenir nos routes. J’aurais voulu que ce soit même un peu plus pesant comme fonds. »
À titre indicatif, la municipalité compte 75 kilomètres de rues et chemin, dont 30 sont en asphalte et 45 en gravier.
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Par ailleurs, le conseil a annoncé la tenue d’une rencontre d’information le mercredi 7 janvier à 18h30 pour présenter les modifications au règlement de zonage sur l’étalage et l’entreposage extérieur à des fins commerciales.
On se souviendra que ce projet de règlement 474-2025-D avait fait l’objet d’une consultation publique en septembre dernier et qu’il avait entraîné le dépôt d’une pétition endossée par 31 citoyens opposés aux changements proposés.
Ces résidents du secteur des rues Myrka et route 222 craignent les impacts négatifs des nouvelles normes sur leur qualité de vie, notamment une augmentation des nuisances visuelles, une hausse potentielle du bruit, et une diminution possible de la valeur foncière de leur propriété.
La Municipalité assure qu’elle a entendu les commentaires et a travaillé une nouvelle version de ce projet de règlement qui doit en tenir compte.
La consultation du 7 janvier constituera la deuxième de trois rencontres d’information qui sont prévues avant que le projet de règlement revienne devant les élus pour adoption.
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Le conseil municipal tiendra une deuxième séance régulière en décembre avant la pause des Fêtes. Elle aura lieu le lundi 15 décembre à 19h30 et sera précédée d’une séance extraordinaire à 19h pour adopter le budget 2026.